Au revoir Abdeslam Sefrioui

J’ai appris aujourd’hui, le 24 juillet, par Ali Hassan que Abdeslam Sefrioui s’était éteint dans la nuit de mardi 21 à mercredi 22 juillet 2020. Il y a des années que j’ai cherché à le rencontrer mais on me disait qu’il était mort, après une longue maladie ! Quelle tristesse ! Je me souviens du beau Abdeslam Sefrioui qui présentait le journal télévisé en français sur la RTM. Il était aussi monteur, je le rencontrais quand j’allais voir mon père dans les salles de montage du CCM quand elles se trouvaient rue d’Oujda à la place de l’actuelle mouqataâ. Je me souviens quand il venait à la maison, sa gentillesse, sa douceur, sa beauté. C’est incroyable qu’il n’y ait aucune photographie sur le net de cet homme qui a été présentateur à la RTM !

Abdeslam Sefrioui le monteur silencieux à la voix d’or.

Abdeslam, François Sefrioui est né à Fès le 19 octobre 1943. Son père est l’écrivain marocain Ahmed Sefrioui qui a écrit Le chapelet d’ambre (1949), La boîte à merveilles (1954) aux éditions du Seuil et Le jardin des sortilèges ou le parfum des légendes (1989) aux éditions L’Harmattan. Abdeslam Sefrioui obtînt son baccalauréat au lycée Gouraud à Rabat. Il entra au Centre Cinématographique Marocain à Rabat en 1962 (selon sa fiche de l’IDHEC), et fît une formation de script monteur à l’IDHEC entre 1963 et 1965. Pendant qu’il était encore étudiant, il monta Rendez-vous à Casa, court métrage de M. Tazi B.A. et Silhouette aux fils d’or de Ahmed Mesnaoui avec l’actrice Leïla Shenna. Il est aussi la voix off de Les pêcheurs d’Assafi (1964) de Abdelaziz Ramdani.

Tout en étant un des principaux monteurs des Actualités Marocaines qui étaient diffusées dans les salles de cinéma, il fut aussi monteur de courts métrages comme Les Enfants du Haouz (1970) avec Abdellah Rmili, de Idriss Karim, de Forêt (1970) et de Al-Boraq (1972) de Majid Rechiche, de Sentiers perdus (1971) de Abdallah Bayahia.

Abdeslam Sefrioui au centre de l’image, de profil sans qu’on puisse voir son visage, regardant la pellicule sous la planète Terre dans Maroc 70, publication du Centre Cinématographique Marocain.

Il monta un des premiers long-métrages officiel marocain Vaincre pour vivre (Al-Hayat kifah), 1968, de Mohamed Tazi B.A. et Ahmed Mesnaoui qui représenta le Maroc au premier festival du cinéma méditerranéen à Tanger la même année.

Il est la voix off de plusieurs courts métrages dont Tarfaya ou La marche d’un poète (1966) de Ahmed Bouanani et Mohamed Abderrahmane Tazi et de Mémoire 14 (1971) de Ahmed Bouanani. Il est intéressant de constater que Ahmed Bouanani ait choisi un monteur pour porter la voix de ses films en français, utilisant sa propre voix en arabe pour la voix off de Les Quatre sources, 1977.

Il a été présentateur du journal télévisé en langue française à la RTM (Radio Télévision Marocaine) jusqu’aux débuts des années 80. Il est étonnant que ce visage si connu des plus âgés ait disparu des mémoires au point qu’aucune image nette ne circule de lui sur le net. Cette photographie m’a été envoyée par sa fille Kenza suite à mon premier post en hommage à son père, qu’il repose en paix.

Abdeslam Sefrioui © sa fille Kenza Sefrioui

Une réflexion sur “Au revoir Abdeslam Sefrioui

  1. À Dieu à mon ancien collègue au CCM, je garde de toi un beau souvenir pour les courtes années que j’ai passé au CCM, puisque depuis 1973 j’ai quitté le Maroc, notre dernière rencontre fut en 1999 à rabat lors de ma visite à mes parents.
    Repose en paix
    Hassan Douahi.

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