Ahmed Bouanani à Paris : 1961-1963, années cinématographiques

A l’occasion de la Journée d’étude « Les écoles de cinéma au XXe siècle » (qui aura lieu le 24 novembre 2020, programme complet en bas de cet article, inscription jehistoireecolesdecinema@gmail.com ), les Archives Bouanani vous proposent de découvrir quelques-unes des expériences et découvertes cinématographiques faites par Ahmed Bouanani durant ses années étudiantes à Paris.

D’octobre 1961 à juin 1963, Ahmed Bouanani est étudiant à l’IDHEC (Institut des Hautes études cinématographiques) de Paris. Après un stage et un entretien de sélection au CCM, il s’y trouve en compagnie de quatre autres Marocains, avec lesquels il restera quelques années ami et complice : Abdelmajid Rechiche, Mohamed A. Tazi, Abdallah Rmili et Mohamed Sekkat.

Les Archives Bouanani gardent quelques traces de ces années de formation cinématographique à Paris, qui ont très probablement influencé les créations des années 1960 de Bouanani et de ses complices Rechiche et Tazi.

Cartes d’étudiant d’Ahmed Bouanani (Archives Bouanani)

On peut compléter les Archives Bouanani avec des documents conservés dans les archives de l’IDHEC aux Archives Nationales de France (fond 20100338).

Leurs études commencent par un mois de « classe d’initiation » ou « classe normative », destinée à « mettre au niveau » les étrangers.

Bouanani intègre ensuite la section Script-Montage, avec Abdallah Rmili, tandis que Tazi, Rechiche et Sekkat intègrent la section Prise de vues. Ces études à l’IDHEC sont un moment d’importantes découvertes cinématographiques, ce dont témoignent leurs travaux. En fin de première année, les étudiants doivent rendre une « fiche filmographique », que Bouanani consacre à Génération (Une fille a parlé) d’A. Wajda (1955, Pologne), même s’il a d’abord hésité avec Quand passent les cigognes de Kalatozov (1957), film emblématique du dégel soviétique.

En fin de deuxième année, les étudiants doivent cette fois remettre un mémoire de fin d’étude. Après avoir proposé un sujet sur le « Héros westernien », Bouanani consacre finalement son mémoire au « Montage créateur ».

Evidemment, il y a aussi des évaluations pratiques. Les étudiants s’investissent dans les tournages les uns des autres. Outre les positions de script et de monteur, Bouanani occupe aussi celle… d’acteur !… dans le tournage de l’un de ses amis, le Turc Alp (Zeki) Heper (de la 17ème promotion). Il s’agit du film Aube (Safak), dont le scénario est accepté après maints refus de la part de la direction de l’IDHEC, qui semble trouver l’imagination de Heper particulièrement… débridée.

Heper prépare avec minutie ce tournage, témoignant d’une représentation très picturale de son film, de son décor, et du positionnement des acteurs.

C’est d’ailleurs l’un des rares films étudiants de l’IDHEC pour lequel ont été conservées des photographies de tournage. On reconnaît Bouanani en amoureux transi éploré, menotté, torturé, en grand manteau noir ou chemise blanche froissée.

Deux films étudiants de Heper : Le parfum de la dame en noir et Aube, 1961 et 1962

Pour en savoir plus sur les années étudiantes d’Ahmed Bouanani (et d’autres cinéastes marocains à l’école de Lodz en Pologne), rendez-vous ce mardi 24 novembre pour une journée d’étude en ligne sur « Les écoles de cinéma au XXe siècle » : Inscription obligatoire à jehistoireecolesdecinema@gmail.com.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s